La Console de mixage portative 4Mix de CEVL

mercredi 4 octobre 2006
par  Jean-Marie Grandemange

La Console de mixage portative 4Mix

La société CEVL (Construction Electronique du Val de Loire) était déjà connue de l’Afders, sinon de nom, du moins au travers des excellentes électroniques Lavardin que le regretté Gérard Perrot était venu nous présenter à deux reprises. Cette fois, Jean-Christophe Crozel venait présenter la console de mixage professionnelle portative 4Mix.

Toutefois, avant d’exposer le développement de cette mixette, JC. Crozel a tenu à donner quelques nouvelles de la marque Lavardin, qui représente environ 80% de la production de la société, est distribuée par réseaux sur 14 pays, et dont les modèles ont été couronnés des distinctions les plus prestigieuses : "Class A" de la revue Stereophile, "Golden year award" de la revue TAS, réception enthousiaste en Angleterre, etc.

Besoins et inspirations

La société à mis un pied dans le domaine de la prise de son au travers d’un boîtier désymétriseur IM2 permettant de relier des dispositifs de prise de son sérieux sur les entrées mini-jack des enregistreurs DV. Ce produit est toujours disponible.

Le développement d’une consolette visait à répondre à une demande de clients "éduqués" à l’IM2 et désirant aller plus loin, ainsi qu’à un souhait personnel, un "vieux rêve" en somme… Le budget visé devait être compatible avec celui d’une caméra semi-professionnelle, et ne devait donc pas dépasser 2000 € pour un caméscope de l’ordre de 4000 €. La mixette devait comporter 4 entrées et deux sorties.

Lorsqu’on la regarde, on ne peut manquer d’être frappé par deux ressemblances : le boîtier qui fait penser à un Stellavox et les voyants ronds qui évoquent irrésistiblement le TCD5 de Sony. JC. Crozet ne renie pas ces deux sources d’inspiration. Il apprécie particulièrement Stellavox et en particulier la mixette MI48, et avoue être "un fan" du TCD5 et du "look" analogique de ses indicateurs de niveaux.

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Au-delà des inspirations esthétiques, les choix effectués ont des raisons techniques, économiques et ergonomiques. S’agissant des indicateurs de niveaux, par exemple, l’utilisation de bargraphs ferait gagner de l’argent, mais dans le cas d’une modulation qui bouge en permanence, le cerveau a besoin d’un indicateur "parlant" et l’œil est plus sensible à une position angulaire que linéaire.

Démarche de conception

En premier lieu, il convenait de réaliser un appareil portable et maniable, donc petit, mais pas trop. Les dimensions 25cm x 16cm x 5cm ont été retenues comme procurant le meilleur compromis. Ce coffret devait entrer dans le budget, donc ne pas faire appel à un besoin d’usinage significatif, il devait aussi être robuste et léger. L’aluminium est léger, mais pour être rigide, il faut en augmenter l’épaisseur. L’acier inox est plus lourd, mais il peut être utilisé sous forme de tôles, dont les pliures apportent la rigidité nécessaire. Une tôle en acier inox de 0,8mm d’épaisseur est plus résistante qu’une paroi en aluminium de 2mm, ce qui procure un gain d’encombrement non négligeable que l’on constatera au démontage. Cette solution permet aussi d’utiliser des vis auto-taraudeuses permettant 40 démontages, nombre amplement suffisant en pratique. La mixette 4Mix est ainsi la seule à être réalisée en inox sur le marché. L’ensemble est robuste et léger. Le découpage des tôles est effectué au laser, le coffret est recouvert de peinture cuite au four.

La conception du coffret fait appel à deux faces supérieure et inférieure, et à des éléments de ceinture. Les débords des faces permettent de protéger les éléments implantés autour de l’appareil, façon Stellavox.

L’implantation des réglages s’est appuyée sur les habitudes des preneurs de son, c’est à dire que la perche étant tenue à main droite, les boutons doivent être à gauche, afin que la main ne masque pas les vu-mètres.

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Les cartes électroniques comportent fatalement une carte-mère et des cartes filles. Aucun réglage ne doit apparaître sur le dessus de la machine si l’on souhaite qu’elle soit exploitable : c’est ce qui sépare les consoles portables des consoles de table. D’autre part, le concepteur a voulu limiter le nombre de connecteurs, ayant constaté que la machine "sonne mieux" ainsi. La modularité n’a pas été recherchée : elle coûte cher et la présence de connecteur défiabilise l’appareil.

Le démontage des faces supérieure et inférieure permet un accès à tous les éléments, et en cas de besoin, le renvoi en SAV ne coûte pas cher. L’absence totale de composants CMS et l’utilisation de composants conventionnels rend la machine réparable indéfiniment. Cette approche permet une maîtrise totale de la part du fournisseur, ainsi qu’un coût de revient abordable.

Le résultat est une machine que l’on croit bourrée comme un œuf lorsqu’on la prend en main, et qui est extrêmement accessible lorsqu’elle est ouverte : une carte-mère, une carte-fille d’entrées, une carte pour les réglages en face avant et une cartes de sorties. Reste à mentionner un conteneur à piles et un ampli vu-mètres, les liaisons entre cet ampli et les indicateurs de niveaux constituant les seuls fils utilisés dans la console.

JC. Crozel ne souhaite pas s’étendre sur les chiffres de rapport signal/bruit, par exemple, et rappelle que l’objectif visé est celui de la limpidité, de la clarté et de la transparence sonore et la palette des nuances dynamiques de la musique. Il en résulte un choix rigoureux des composants utilisés et la volonté d’écarter dès la conception toutes les sources de dégradation et de pollution internes. C’est ainsi qu’aucun transistor de commutation n’intervient sur le trajet du signal, pas de CPU, d’écran, de VCA, etc. Les condensateurs sont au mylar.

Des choix cohérents en matière d’alimentation

Le concepteur a travaillé la portabilité de sa machine, la possibilité de raccordement au secteur ne constituant qu’une option en deuxième choix. Il a donc été visé de pouvoir travailler le plus longtemps possible avec les piles internes. C’est ainsi que la plus grande autonomie du monde a été obtenue, soit 35 heures avec un jeu de 12 piles alcalines R6, soit une semaine de travail. Lorsque le voyant d’alarme s’allume, on peut encore continuer à travailler pendant environ 4h en économisant la consommation.

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D’autre part, un gain annexe de cette faible con-sommation est la possibilité pour les piles de récupérer une partie de leur capacité après une nuit de repos, ce qui conduit à un gain d’environ 10% sur la durée de vie. Enfin, les con-vertisseurs de tension ayant un bon rendement, il n’est plus besoin de les couper.

L’alimentation des microphones en 12 ou 48V est fabriqué à partir du 18V en sortie piles. L’alimentation externe ne doit pas dépasser 18V. L’alimentation T-12 des microphones n’est pas prévue afin d’éviter les risques ; elle est cependant possible à partir de l’alimentation fantôme 12V, à l’aide d’un adaptateur externe.

Des possibilités complètes

Ce que permet cette mixette est précisé dans les informations disponibles sur le site du constructeur : www.cevl.com. On se limitera à les résumer ici :

• Coupe-bas 0, 80, 160 Hz par voie,

• Réglage de volume par voie,

• Réglage panoramique, par voie,

• Indicateur de crête et limiteur, par voie,

• Réglage master du niveau de sortie,

• Sélecteur d’écoute et réglage casque (une future version permettra le monitoring en M-S),

• Micro intégré,

• Oscillateur de test, limiteur,

• Témoin d’état de batterie,

• Entrées et sorties symétriques sur prises XLR, et sorties asymétriques,

• Alimentation des micros 0, 12V, 48V fantôme, par voie,

• Réglage du gain 0, -15, -30dB, par voie,

• Atténuateur micro/ligne, par voie, et atténuateurs de sortie,

• Connecteur SubD9 d’extension,

• Limiteurs avec possibilité de couplage,

• Retour enregistreur…

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En conclusion,
Il est des choses qu’une simple lecture de feuilles de caractéristiques techniques ne peut laisser entrevoir et que seul un exposé passionné effectué par une personne impliquée dans le développement d’un produit peut apporter : c’est la compréhension de la philosophie et des choix qui sous-tendent la conception d’un produit.

Ce que retiendront les membres présents au cours de cette présentation passionnante, ce sont la cohérence, l’intelligence et la recherche de la simplicité qui ont présidé à la conception et à la réalisation de la mixette 4Mix. Il me reste à remercier, au nom de l’Afders, Jean-Christophe Crozel et à souhaiter la meilleure réussite à son entreprise.

JM. Grandemange.


Commentaires  (fermé)

Logo de Claude Ollivier
lundi 30 juin 2008 à 11h14 - par  Claude Ollivier

Jean-Christophe Crozel, responsable de la société CEVL, nous signal de la prochaine évolution de la console 4Mix qu’il avait eu le plaisir de nous présenter.
En effet, les prochaines évolutions du produit ne sont plus conformes à la description faite dans cet article.
Nous prions donc nos lecteurs de considérer cet article (et les photos qui l’accompagnent) comme le témoignage historique d’un produit qui évolue, et nous serons heureux de pouvoir vous présenter la nouvelle version dans un nouvel article.